Le jour où l’on découvrit Dieu

Vers l'infini et au delà !
Vers l'infini et au delà !

Base lunaire de la Lune. Vendredi 15 Juin d’une année vachement lointaine.

- « Eh Johnson regarde-moi ça ! cria Duke.
– Attends Duke, je suis occupé à analyser les déjections du Tyrannus Sex qu’on a capturé hier au Pôle Sud près du totem enroulé par des tranches de jambon, maugréa Johnson.
– Bon bah Viens Anna, t’es pas occupée j’espère ? s’enquérit Duke.
– Euh si, j’aide Johnson à analyser les déjections du Tyrannus Sex qu’on a capturé hier au Pôle…
– Ta gueule. Juste ta gueule. Sérieusement, je crois que j’ai découvert un truc super important. Une nouvelle forme de vie ! Ca fait des années qu’on n’en avait pas découverte ! Insista Duke avec véhémence.
– Tu sembles oublier le mammifère unijambiste à 8 bites découvert le mois dernier, l’oiseau sans ailes aperçu par le Docteur Amora un peu avant et le cyclope à deux yeux de l’an dernier ! Lui reprocha Johnson.
– Tu as raison, mais je voulais parler d’espèces viables… Regardez ce bidule, on dirait une sorte de bulle de chewing-gum ! dit Duke.
– Ou un slime comme dans Dragon Quest, renchérit Johnson.
– Ou une grosse couille épilée ! s’exclama Anna avec une assurance digne de MMA.

A ce stade de la nouvelle, le narrateur tient à préciser quelques éléments du background de celle-ci. Ainsi Anna est-elle une blonde décérébrée à forte poitrine – standards de mauvaise science-fiction obligent. Elle serait devenue scientifique suite à un entretien sous le bureau du patron de la NASAL. On pourrait dire qu’elle aura eu du nez pendant cet entretien. Elle aime le shopping, se regarder dans la glace, téléphoner à ses copines blondes, et manger des gnocchis. Intégrée par défaut dans la sous-section « Weird Research » de la section « Strange and Weird Research »du sous département « Useless, Strange and Weird Research » du département « Research » de la NASAL, elle a fait ses preuves dans l’équipe des trois pécores en démontrant avec moult preuves que les femmes possèdent un gène du shopping.
Johnson, quant à lui, est arrivé dans le service suite à une erreur de l’administration. Cette dernière a confondu deux Johnson dans ses fichiers. L’un est un génie, l’autre un débile assez profond. Je vous laisse deviner qui a bénéficié de cette erreur. Johnson aime les blagues scatophiles, urinophiles et émétophiles (google it), phater matin, midi et soir et enfin apprécier les voluptueuses courbes d’Anna. Ah, et l’autre Johnson est actuellement documentaliste au Pôle Régional des Orfèvres, Usineurs et Taxidermistes.
Duke, notre héros parmi les blaireaux est un homme foutrement normal. Chez lui, tout n’est que moyenne et médiété. Jamais de médihiver. Il voulait une carrière normale, il en a eu une. Ayez bien conscience que dans cette année vachement lointaine, l’humanité a en moyenne – toujours – régressé. Pour le moment, Duke, n’avait jamais rien découvert de sa vie. Sauf un vieux chewing-gum sous son lits. Mais ça n’est arrivé qu’une seule fois, au chalet. Il apparaît donc logique que Duke paraisse si excité.

Bref, revenons à nos moutons. La masse couilloïde rose était de taille couillesque, quasiment sphérique et semblait frétiller.
– Ca bouge ! Cria Duke.
– Bonjour mes chers petits êtres ! S’exclama la créature.
– Et ça parle en plus ! Et condescendante cette saloperie ! Reprocha Johnson.
– Calmez-vous mes agneaux, je suis tout de douceur et d’amour. Embrassez-moi, embrassez la foi et je vous bénirai.
– Mais, euh, vous êtes quoi en fait ? A part bizarre je veux dire… dit Duke.
– Je suis Dieu. Avec un grand « D » comme dans Dildo. Et vous êtes mes créatures.

Anna était interloquée. Elle n’avait pas compris tous les mots de ses compagnons, mais en avait assez compris pour comprendre qu’elle en avait suffisamment compris pour en conclure quelque chose. Dans son esprit, Dieu ressemblait plus à Schwarzeneger barbu ultra-puissant qu’à une couille. Aussi lui demanda-t-elle :
– Excusez-moi M’sieur le Dieu, pourquoi vous êtes aussi moches ?
– Oh ça… Disons que l’apparence importe peu, seule l’âme prévaut. Mon aspect vous rebute ? Questionna Dieu.
– Bah c’est à dire qu’une couille c’est quand même pas très divin quand même… dit Duke.
– Vin quand même. Répliqua Anna.
– Je vois que la côte d’Adam a de l’humour. Dit Dieu.
– Vous n’auriez pas pu prendre une autre apparence ? Vous êtes pas crédibles quand même là… Et vous êtes là pour quoi ? Délivrer un message de paix déguisé en couille ? S’enquit Johnson.
– Non, je viens manifester mon mécontentement contre l’augmentation des prix du lait à Intermarché. Et je ne suis pas une couille, je suis Dieu ! Je ne choisis pas mon apparence voyez-vous, c’est assez aléatoire. Dit ce dernier.
– Ah mais là vous ferez moins peur au gouvernement qu’un syndicaliste en grève. Vous êtes sûr d’être vraiment Dieu là ? Et pourquoi vous vous occupez de ça ? Demanda Duke.
– Oui j’en suis sûr mon fils ! Vindiou, pourquoi personne ne me croit jamais ? Vous m’échauffez les esgourdes là ! Et si je fais ça, c’est pour passer le temps. Je me fais chier vous voyez, alors je fais des basses besognes pour passer le temps. C’est long l’éternité… S’indigna Dieu.
– Mais y’en n’a pas sur des couilles ! Sinon je le saurai ! Remarqua judicieusement Anna.
– Oh ça y est vous me faites chier là ! Je vais vous prouver que Dieu c’est moi !

Et c’est ainsi que la Terre fut à nouveau recouverte par les flots et que tout repartit de zéro. La couille s’en alla de la base lunaire de la Lune, et nos trois scientifiques observèrent comme des cons la fin de l’humanité – eux-mêmes étant voués à mourir sous peu faute d’approvisionnement. Dieu s’en alla, content d’avoir pu leur prouver qui il était. De retour dans sa résidence principale sur Vénus, il retourna à sa vie qu’il jugeait un peu barbante. Etant Dieu, il pouvait agir en relative impunité, mais l’archange Michaël lui fit quand même la remarque suivante : « Tu sais Dieu, il faudrait régler ce problème de matérialisation aléatoire. Tu ne peux pas détruire l’humanité et réécrire un livre sacré à chaque fois, on ne peut pas se le permettre financièrement. L’avant dernière fois c’était à cause de ta forme de banane à tête d’éléphant. » Ce à quoi l’intéressé répondit : « C’est pas de ma faute s’ils sont trop cons pour croire en une couille. »