Brêve de festival

Là, y a du monde
Là, y a du monde

C’est avec une grande joie que je suis allée au festival Rock en Seine les 22, 23 et 24 aout. Ce fut ma première expérience de festival !

La programmation rock en Seine est axée Rock. Mais on retrouve aussi de la Soul, de l’electro, de la pop et des inclassables. Les Touareg faisant du rock psychédélique, vous classeriez ça où ?

Je n’avais pas d’attente particulière, j’avais à peine regardé la programmation, on m’avait payé l’entrée ainsi que le camping. Je suis donc mon groupe, un peu désorientée.

Le festival a lieu sur le domaine de Saint-Cloud. L’espace est divisé en quatre scènes (la grande scène, la cascade, pression live et l’industrie) ainsi qu’une petite scène dans une petite tente pour des groupes d’Île-de-France.

La grande scène est la scène d’honneur, on y retrouve les têtes d’affiche ainsi que les musiciens susceptibles de faire chiffrer le festival, la production y est impeccable.

La scène de la cascade lui faisant face est de dimension semblable, mais la production y est moins minutieuse. Elle accueille parfaitement les DJ et les groupes pop/electro. On déplore cependant une balance mal faite sur les groupes plus rock : les voix sont parfois mal entendues.

Les scènes de l’industrie et de pression live sont plus modestes.

Se pose alors la question fatidique : maintenant que j’ai traîné ma peau jusqu’ici, que j’ai mon tee-shirt et mon million de godilles débiles, je fais quoi ? Question que mon beau père a rapidement résolue en me sortant un programme complet pour la durée du festival. C’est quand même chouette de ne pas avoir à réfléchir. Voici donc les groupes que j’ai vus et entendus au cours de ces trois jours de festival. Il y a eu des orgasmes auditifs, des déceptions et des surprises.

Première journée

Grande scène : Cage The Elephant

Ouvrir une journée du festival est un exercice difficile, a fortiori quand c’est le premier jour. Il y a encore peu de monde. Il va falloir être bon pour ambiancer le public !

Ce groupe était originellement programmé à la cascade et heureusement pour nous a été déplacé sur la grande scène suite à une annulation. Heureusement, car le chanteur est un showman ! Le son est un peu garage, mais surtout très rock ! Finalement, on saute partout et on crie le nom du chanteur !

Grande scène : Gary Clark Junior

Je ne m’y connais pas beaucoup en musique, mais mon bagage me permet quand même d’affirmer ceci : cet homme est un guitariste exceptionnel ! L’Afro-Américain texan Gary Clark Junior nous fait revenir aux origines au blues. C’est un régal à l’oreille et un plaisir pour les yeux !

Scène pression live : Royal Blood

C’est un duo de choc que l’on découvre sur scène. Les deux hommes reproduisent un orchestre à eux seuls ! Le guitariste arrive à jouer la ligne de basse et celle de guitare sur le même instrument ! C’est propre, c’est beau, on trépigne… L’album n’est pas sorti qu’on veut déjà le tee-shirt ! On ne l’a pas trouvé, dommage !

Grande scène : The Hives

Le visage du chanteur surmonte la scène et le nom du groupe est accroché à ses doigts. Le décor est posé, le chanteur est mégalomane. Je réussis à me faufiler à quelques rangées de la barrière devant la scène, et ils arrivent enfin. Ils portent leurs uniformes habituels et le show commence. The Hives n’a pas réinventé l’eau chaude, les rifs sont plus ou moins pompés de trucs plus connus et le niveau musical n’est pas exceptionnel… Mais l’ambiance est survoltée ! Le chanteur chauffe l’audience comme un forgeron chaufferait le fer à blanc !

J’ai perdu mon nez dans la bataille, mais le jeu en valait la chandelle ! Pour autant, je n’achèterai pas l’album.

Grande scène : The Artic Monkeys

Les voilà, les petits chéris de ce vendredi, les petits génies tant attendus : The Artic Monkeys. Alors oui, leurs albums sont bons, la musique est bonne… Mais leur prestation est médiocre. On assiste impuissant à une figure imposée, pas un mot au public, le chanteur a perdu sa quinzaine, et regarde à peine l’audience.

C’est un peu un rendez-vous manqué… La version live des morceaux est lente, et, c’est vrai, parfois on s’ennuie.

Il fallait pourtant le vivre une fois, pour dire qu’on ne recommencerait pas.

Seconde Journée

Scène de l’industrie : Dorien Pimpernel

Le groupe arrive avec un petit air de Beatles, la mélodie est attractive et on se laisse porter. Les morceaux sont pleins de clins d’œil à la musique psychédélique des années 66/67. Sans s’en rendre compte, on commence à déprimer, déprimer très fort. Et vite on s’enfuit, il faut fuir, fuir la dépression, fuir avant de perdre cette énergie exceptionnelle qui nous avait portés jusqu’à présent.

Scène de l’industrie : Alb

C’est le coup de cœur de la journée. Seul avec un batteur, le jeune homme (pourtant déjà papa), chante des compositions légères et fruitées. C’est musicalement efficace, et la prestation scénique est géniale ! C’est comme retrouver un ami, se souvenir des bons moments passés et s’échanger des private joke. On se rappellera du solo de batterie doublée de la musique de Mario.

Je cherche le tee-shirt et l’album désespérément…

Scène de la cascade : Émilie Simon

On l’a connu il y a quelques années pour son premier album. À l’époque, on la comparait à Bjork, il n’est plus question maintenant de soutenir ce rapprochement. Les années passent et il semble qu’Émilie Simon ait perdu son talent avec sa jeunesse.

Le concert est plat, on s’ennuie, la musique s’assimile facilement à de la variété française un peu dépassée.

On se casse, vite, il doit bien y avoir mieux ailleurs !

Grande scène : Portishead

Il suffit de regarder autour de soi pour savoir le public visé. Je suis submergée par des quadragénaires endurcies, et pas des rockeurs avec des blousons de cuir et des docks, non ! Portishead arrive sur scène, le concert commence et c’est un spectacle accablant : on assiste ni plus ni moins qu’à une version studio, personne ne bouge sur scène, les écrans sont recouverts d’effet lumineux à la Windows Media Player. Bref, je serais mieux chez moi.

La musique est bonne, mais le spectacle est médiocre. Le concert est le motif des projections de l’audience, si c’est comme ça je vais me payer une barquette de frites et une bière…

Troisième jour

Grande scène : Blood Red Shoes

C’est une très bonne surprise après les déceptions de la veille. Le couple, assure un stoner punk délectable. La chanteuse est mignonne moulée dans sont tout petit short noir et sa chemise claire. On ne saute pas partout, mais on passe un bon moment : on note le nom pour se procurer l’album.

Scène de la cascade : Cloud

Nothing.

C’est inaudible, la balance est mal faite. On sent bien qu’il y aurait pu avoir l’étincelle, mais la qualité sonore vient tout gâcher. On se rattrapera en écoutant l’album studio plus tard.

Grande scène : Aibourne.

Sur la scène, on distingue un mur d’ampli rouge Marshall. La claque auditive est véridique : Airbourne fait du hard rock à grand coup de décibel. Les membres du groupe sont les fils cachés de Bon Scott, ou je ne suis pas un biscuit.

Le chanteur joue de la guitare perchée sur les épaules d’un vigile au milieu de la foule, saute partout et éclate frénétiquement des canettes de bière pleines sur sa tête avant de les offrir au public !

On saute partout, on hurle à perdre la voix, on s’explose les tympans et on pleure quand ils finissent le rappel… Où est le stand de tee-shirt ?! Je vendrais mon âme pour un de leur tee-shirt !

Grande scène : Queens of the Stone Age

Concert de clôture, on comprend pourquoi. La performance est incroyable ! Au-delà d’une musique excellente et d’une production soignée, tout semble facile pour Queens of the Stone Age. Tout en simplicité et en modestie, le groupe nous offre une heure et demie de pur plaisir.

Le festival est fini, il est bientôt l’heure de replier la tente et de rentrer. Si je devais retenir trois groupes/artistes qui m’ont marqué : Airbourne, Alb et Gary Clark Junior. Mais une fois qu’on y a (re) gouter festival a un petit gout de trop peu. Qui vient avec moi l’année prochaine ?