Ambiance Festival

Je suis par là !
Je suis par là !

Certains d’entre vous n’ont jamais participé à un festival de musique, d’autres oui. Pour ceux qui n’ont pas eu cette joie, voici un petit récit de mon expérience à Rock en Seine.

Le guide du festival spécifie, à l’attention des campeurs, qu’il faut arriver bien avant le début des festivités. C’est une manière bien élégante de dire: «arrivez en avance, vous allez-en chier!» Parce qu’il va falloir grimper, et il semble qu’à Saint-Cloud ils ne connaissent pas le goudron.

Alors on s’y met, on commence l’ascension de plusieurs centaines de mètres avec notre tente sur le dos et notre très gros sac qui traîne derrière nous. C’est là que le bât blesse: le chemin est parsemé de gros cailloux, alors ta valise à roulettes tu vas la porter Germaine!

On arrive au camping, et là, c’est le drame. Fouille de tous les bagages, les récipients en verre sont interdits. On ouvre les sacs et les valises. On nous indique finalement notre «emplacement». L’emplacement est en fait l’espace nécessaire à poser la toile de tente, ni plus ni moins…

On est installé et content, en route vers le festival. Nouvelle fouille, on me prend ma bouteille d’eau et on me la rend sans bouchon… Vous êtes gentils, mais je ne comptais pas la boire cul sec, et surtout pas maintenant! Bon tant pis…

Quelques glouglous plus tard se pose la question fatidique des sanitaires. Vous connaissez les toilettes publiques avec chasse d’eau manuelle? Moi, oui… Mais restez dans l’ignorance, je vous en supplie.

L’honneur est sauf, on trouve finalement des toilettes en porcelaine avec chasse d’eau traditionnelle, maniaque s’abstenir.

Le festival suit son cours entre godilles, malbouffe et concert. On s’amuse bien et on saute partout. Je passe ma journée un verre de bière à la main, rempli du midi au soir.

Au petit matin, le soir il n’y a plus d’eau au camping, on fait la queue pour prendre une douche. Une très grosse demi-heure plus tard, je rentre dans une cabine de douche qui se rapproche plus de toilettes turques que d’une douche. Mais tant pis, j’ai besoin de sentir le savon et de laver mes cheveux. Il paraît que l’eau est chaude.

Chaud oui, mais le débit laisse à désirer… L’eau ruisselle difficilement le long du pommeau de douche… Le gant de toilette permet de laver le corps, quid des cheveux?

Décidée à avoir les cheveux propres je sors et je les lave au robinet, l’eau est froide, mais le traitement est efficace. Derrière moi une bande de filles sont horrifiées, mais elles ne tarderont pas à me rejoindre, têtes sous le robinet.

Les trois jours se succèdent, eau froide, toilettes sales et gens bizarres. La nuit ne porte même plus conseil, allongée à même le sol dans mon duvet je comprends pourquoi d’habitude je prends un matelas: le sol est froid et les voisins bruyants.

Je regrette amèrement d’être en compagnie de personnes non festives et non alcoolisées… J’aurais préféré, quitte à ne PAS dormir, jouer au tarot avec eux en buvant une bière, même un orangina-vodka aurait été préférable à écouter ma collègue de tente se plaindre constamment des conditions d’hébergement.

Le festival regorge de stands commerciaux. Tous font la publicité d’une marque quelconque à grand coup de décibels et de godilles. Je prends un grand plaisir à déambuler dans la foule surexcitée.

Je déteste les phénomènes de groupe. Je pense vraiment que les dynamiques de groupe poussent facilement les gens à faire des choses stupides et dangereuses. Cependant, je n’ai pas eu cette angoisse viscérale que j’ai habituellement lors des pogos et autres mouvements de groupe lors des concerts.

Peut-être la musique est-elle capable de canaliser une foule de plusieurs milliers de personnes, sans même avoir à leur donner d’instructions claires. Chacun sait qu’il doit sauter, courir dans un sens, frapper dans ses mains ou lever les mains en l’air.

C’est une sensation d’euphorie qui m’enivre rapidement lors des pogos. L’intime conviction qu’il faut vivre le mouvement à l’instant, sans quoi il sera trop tard et qu’on sera passé à côté de sa journée.

Peut-être que le camping est rustique, mais s’il fallait recommencer, je dirais oui, deux fois.

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